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Nombre de pages : 152

Format(s) : Format PDFISBN n° 978-2-36708-002-4 (pdf).
Le Masque et l'Enclume, sous ce titre apparaît une nouvelle version du Don Juan. Faut-il oser en écrire une présentation ? La question se pose, car chacun connaît le thème et la fin de l'histoire : ce diable d'homme, qui n'hésite pas plus à courir les jupons qu'à tirer l'épée, périra écrasé par la statue de pierre personnifiant l'une de ses victimes.

Les interprétations en sont multiples, convenons-en. Mais les manières de traiter le thème ne le sont pas moins.

Ici, nous est proposé le mode général de la dérision, qui n'est point déraison, mais détresse et questionnement dont les pirouettes et autres fadaises ne peuvent masquer ce mélange mortifère d'angoisse et de défi, ces deux extrêmes entre lesquels balance don Juan, au péril de sa vie, et plus encore, de son âme.

Mais est-ce trop cher payer pour trouver une certitude ? Encore faudrait-il que l'esprit égaré depuis si longtemps soit encore capable d'en comprendre la manifestation. Et l'on sait combien il est difficile, et périlleux, de prévenir de tels formes de vie de courir à leur inexorable fin.

Car le nom même du personnage bascule, grammaticalement parlant, vers le qualificatif de « commun », alors que son histoire reste mythique, c'est-à-dire qu'elle nous enseigne, et peut-être plus encore qu'elle nous interroge. Ce « nous » est bien plus que le simple éparpillement d'une ribambelle de « je ». Que signifient cette posture, cette extravagance, cette collection de bonnes fortunes, cette manie singulière du défi, et même cet attachement à un valet, souvent étonné, toujours subjugué ? Quel personnage final aura le dernier mot ? Quel événement ? Quel destin commun ?

Oui, mais... si l'on veut bien se souvenir de l'intervention brutale de ce que nous appellerons par habitude la statue du commandeur, il faut aussi tâcher de comprendre si cette brutalité apparente n'est pas amenée, voire dépassée, par certains petits faits de la vie courante qui préparent la chute finale.

Par exemple, Éric VOLCANO reprend à sa façon la célèbre chanson de Claude Nougaro qui dénonce par avance son assassin : cette jeune fille qui dit « T'as vu l'vieux ». Mais VOLCANO est plus cru : « Il a pris un kilo... sous les yeux ».
Ces petits faits, Camus les rappelle dans Le Mythe de Sisyphe parce qu'ils font le lit de l'absurde et, par conséquent, celui du suicide. Voici, une autre piste à découvrir. Éric VOLCANO la flaire fort bien : et si don Juan, sentant sa fin prochaine de séducteur, succombait à la dernière lâcheté sans renoncer à son élégance désespérée, qui est aussi sa dernière pirouette : se suicider par procuration. Il saura, dit-il, « manier ce tonneau de muscles » qu'est de Coinsex.

Dans ce texte, le style de l'auteur parle autant que l'histoire. Il ose la dérision, les plaisanteries douteuses, voire de franc mauvais goût, il lance des tirades, dont certains diront qu'elles sont de mirliton, ou boiteuses – ceux-là qui sont de trop faibles contempteurs, jusqu'à ignorer la symbolique des grands boiteux légendaires – et cette boiterie, cette gesticulation, nous oblige à un surcroît d'attention pour raidir notre raison, jusqu'à oser provoquer la rencontre de la grande certitude... dont l'apparition même ne résout pas tous les mystères.

Nous verrons ici comment un objet prend le masque d'un commandeur, et comment le mot « fin » n'apparaît pas, ou alors, suffisamment travaillé pour nous emmener plus loin.

 

 

 

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