Fiches de lecture du livre numérique : DU RÊVE À LA RÉALITÉ

Ajouter au panier

7.85 €

ou l'offrir Cette offre n'est disponible que pour les clients inscrits et identifiés.

Offrez l'Olni avec votre dédicace

Comparatif livre

23,00- 5.00 % 21,85 €

 

Image
Dimanche 25 septembre, il est 9 heures du matin, à l'aéroclub de Toulouse Lasbordes, tous les équipages sont là pour le briefing de départ de la première étape : Toulouse-Alicante.
Je remarque dans la foule des pilotes, parents, amis et accompagnateurs présents, deux jeunes femmes en combinaison de vol beige. Elles sont grandes, minces, élancées : Catherine et Martine, très attentives, prenant des notes, concentrées sur les explications du directeur des vols : Daniel Vacher.

La météo n'est pas rassurante du tout ! Que vont décider les organisateurs ? Devons-nous partir « oui » ou « non » ? Finalement la décision est prise de prendre les airs, nous ne sommes pas à Toulouse pour rien ! À l'époque des Lignes Latécoère, l'hésitation n'était pas permise. Quel que soit le temps, le départ des avions transportant le courrier était donné.
Mon beau-père dès 1919, montrait l'exemple lorsque le temps était bouché, que les équipages hésitaient à partir ; il arrivait sur le terrain, demandait sa combinaison de vol, et là , aucun pilote ne refusait de voler avec lui ! Par la suite, Didier Daurat fera de même.

Le départ du 23e rallye aérien sur « les Traces des Pionniers de l'Aéropostale » est donné vers 11 heures. Les avions décollent les uns derrière les autres avec un intervalle de temps et par ordre de puissance de la machine.

Mon avion, piloté par Claude, connu pour ses qualités, décolle presque le dernier : l'aventure commence ! C'est la première fois que je fais le rallye, je ne suis que passagère, j'ai le meilleur pilote, un avion un peu poussif, mais j'ai confiance !

À l'approche des Pyrénées, ça commence bien ! L'orage nous attend avec ses gros nuages noirs qui n'en finissent pas de monter vers le ciel !
C'est à ce moment-là que nous entendons les voix féminines, fermes et rassurantes de Catherine et de Martine. Elles parlaient tout le temps, pour demander des informations et les transmettre aux autres lorsqu'elles avaient trouvé un passage entre les gros nuages. Mais le temps d'arriver à l'endroit indiqué, les gros nuages, poussés par les vents, avaient obstrué le ciel.

Puis la côte espagnole a soudain surgi devant nous, nous l'avons longée : que de beauté ! L'Espagne, voisin chéri de la France.
Cette Espagne dont le survol par les avions de « la ligne » était indispensable au développement de cette extraordinaire aventure, survol obtenu avec difficulté, à cause de la concurrence de pays voisins qui voulaient barrer le passage vers l'Afrique du Nord, et ensuite vers l'Amérique du Sud.
Puis nous avons coupé à travers les montagnes et enfin atterri à Alicante.

À l'arrivée de nos avions, nous nous sommes comptés ; tous étaient là , sauf l'avion de l'équipage suisse qui s'était posé à Perpignan.
« Les filles sont passées ! » Tout le monde était admiratif devant l'exploit du seul équipage féminin : Catherine et Martine devenaient l'objet de l'attention de tous.
Didier Daurat lui-même aurait applaudi, lui qui, je crois était un peu misogyne !

Les étapes se sont succédé, toutes belles, différentes, enthousiasmantes. Nous pensions aux pilotes des Lignes Latécoère, qui devaient, malgré le danger que représentaient les avions peu sûrs de l'époque des premières lignes, avoir des frissons de joie, d'admiration, des sentiments de fierté et d'orgueil devant cette belle nature.

Tout le long du parcours, nos deux amies, toujours aussi bavardes, nous berçaient de leurs commentaires et me tranquillisaient quand nous retrouvions encore, dans le désert, de gros nuages noirs.
Merci, mes copines.

Nous avons tous vécu ce rallye en pensant aux débuts de l'aviation commerciale, nous nous sommes donné l'impression de continuer l’œuvre des pionniers, malgré la fidélité de nos machines. Nous avons ressenti cette chaude amitié qui unissait les équipages devant les nombreuses difficultés rencontrées tout au long du parcours.
Durant ce rallye, nous avons marché ensemble sur les traces des pionniers. Nous avons tissé des liens avec les populations rencontrées, liens d'amitié, liens culturels, liens sociaux et nous avons pu aussi apporter de l'aide aux populations les plus démunies.

Nous avons été soutenus par de nombreuses associations de Toulouse qui œuvrent d'ailleurs dans ce sens depuis de nombreuses années.
Martine va vous raconter à présent comment elle et Catherine ont vécu cette aventure.



Marie-Vincente LATÉCOÈRE

 

 

 

Formats disponibles : PDF Olni au format PDF, EPUB Olni au format EPUB, FLASH Olni au format FLASH