Photographie de l'auteur

LOUIS PERGAUD

Nationalité Nationalité

On ne dira jamais assez la spécificité de ces enfants de substitution, doués d’un sensibilité particulière, lorsque celle-ci s’exerce dans le domaine littéraire, et qu’elle traverse une époque profondément troublée. Dans cette approche très particulière de l’histoire littéraire, Louis Pergaud est un exemple supplémentaire. Lorsqu’il naquit en janvier 1882, au foyer de son instituteur de père, son aîné Pierre, à peine âgé de deux mois était mort depuis un an et demi.
Sa vie aurait pu prendre un cours plus calme, protégé qu’il fut par l’affection de sa mère et l’accompagnement de son père, instituteur de village en Franche-Comté, et passionné de chasse et de nature... un père dont il aurait pu, élève doué, suivre tout naturellement les traces.
Or, la France, tout comme l’Europe, vivait alors une série de transformations brutales qui bousculaient les uns et les autres, y compris en ces campagnes de Franche-Comté. Plus de stabilité eût peut-être amendé le caractère de cet écolier, attaché à son village, à l’ambiance familiale, à ses amis, à sa campagne, à ses vagabondages dans la libre nature. Mais, pour des raisons diverses, son père fut plusieurs fois déplacé, ce dont la famille eut à souffrir, et tout particulièrement le petit Louis.
Toutefois, ses réussites scolaires brillantes le propulsaient vers la voie royale de la famille : la carrière d’instituteur. Mais le prix à payer fut lourd : l’internat à Besançon, les longues heures d’études, l’ambiance renfermée, mesquine aggravée, une fois reçu à l’École Normale, par un directeur au comportement déshumanisé, ou a minima, rigidifié.
En 1900, alors qu’il avait à peine dix-huit ans, ses parents moururent à moins d’un mois d’intervalle. Il souffrit alors de ce que nous appellerions de nos jours, une dépression grave, et son caractère, ses relations aux autres s’en aigrirent, lui faisant prendre des positions abruptes dans la querelle religieuse, mettant en péril sa carrière d’instituteur débutante et son premier mariage. Il se raccrocha à la poésie, et à la personne d’un poète bisontin, Léon Deubel, jusqu’à finalement décider de commencer une nouvelle vie à Paris. Sa nouvelle femme, Delphine Duboz, l’aida à retrouver une stabilité émotionnelle nécessaire à l’épanouissement de son talent, renouant ainsi, par la littérature, avec la vie de la campagne qu’il avait tant aimée.
Le succès vint avec De Goupil à Margot, prix Goncourt en 1910, puis avec La Revanche du corbeau, et La Guerre des boutons, en 1912. Sa carrière littéraire s’annonçait fructueuse. La guerre de 14-18 y mit un terme, dans des conditions doublement tragiques : il est possible qu’après sa blessure reçue lorsqu’il commandait un assaut, transporté vers un hôpital allemand, celui-ci ait été bombardé par l’artillerie française. Ainsi disparut à trente-trois ans l’un des grands écrivains de cette époque.
 

Image

Livre disponible en pdf

LA GUERRE DES BOUTONS
Prix : 0.00 €.

En savoir plus...

(La cité des romans)

 


Consultez la version papier Consultez la version livre Accédez aux images de cet olni® Consultez les photos de l'olni® Consultez la version papier Consultez les objets de l'olni® Consultez la version papier Consultez la version audio

Format disponibles : PDF Olni disponible au format pdf, epub olni disponible au format epub, flash olni disponible au format flash