Fiches de lecture du livre numérique : RWANDA 1994 EXPLIQUÉ À MES ENFANTS

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Rwanda 1994 expliqué à mes enfants, récits et réflexions sur un génocide.

Comme le précise Ernest Mutwarasibo : 
« J’ai toujours douté de la légitimité de parler au nom de tous ceux-là qui sont partis sans pouvoir dire leur dernier mot. Les enfants ne l’entendent pas de cette oreille. Fiers de leur droit à l’information, Grâce, Fidélité et Innocent demandent d’y arriver, avec ou sans moyens. Leurs questions éclairent plus qu’elles ne font réfléchir sur divers aspects du génocide. Pour eux, tout est pour le savoir, peu importe sa limite, son sens et sa finalité. Il n’est pas question de faire de la mémoire, de l’éducation, etc. Avec leurs pertinentes questions, j’ai dû abandonner ma naïveté de croire que des jeunes gens n’avaient pas si besoin d’information sur un sujet qui s’écarte des règles générales de la connaissance.
» Socrate avait certainement raison de dire que personne ne peut ni faire du bien sans le connaître ni ne peut refuser de le faire en le connaissant. Grâce, Innocent et Fidélité ne comprendraient peut-être pas comment les marchés ne se tenaient plus, les églises étaient devenues de sanctuaires de la mort, les écoles avaient fermé, le droit à la vie avait cédé place à l’enfer, pendant que des gens tuaient d’autres gens. Plus important, encore, ils jurent qu’ils peuvent, eux et leurs camarades, choisir avant, pour ne pas faire ni autoriser à faire cela. »

Ayant lu, apprécié, et réfléchi, autant les paragraphes précédents dus à l'auteur que son texte complet, je me permets de porter le regard de l'éditeur, celui qui a décidé de « prendre » ce texte pour en faire un livre numérique.
Le titre précise bien les intentions de l'auteur. Ce n'est pas « le génocide expliqué en 22 questions » mais bien un pays spécifique en proie à un génocide en 1994, ce qui ouvre le champ à récits et réflexions, au pluriel, ce qui change tout.
Les enfants de ce livre portent des noms symboliques : Grâce, Innocent, Fidélité. Si silhouettés qu'ils soient, ils sont plus vrais que les petits perroquets emplumés de tant de reportages médiatiquement corrects. Ils sont curieux, presque inquisiteurs, dérangeants, et s'ils ne l'étaient il faudrait qu'il le deviennent. Ils osent les questions fondamentales qui se résument toujours à cette terrible phrase : « Qui a fait quoi ? ». Ils connaissent ou croient connaître sans savoir, donc, ils écoutent, ils poursuivent. Facile, dans un livre, diront certains, parce que dans la vraie vie, les nôtres...
Eh bien justement, les vôtres... ils ont besoin d'un père qui réfléchit, qui s'avance aussi loin dans la réalité, qui ose expliquer la vraie vie du monde, et la vraie mort, non seulement par les souffrances, mais par les amputations de vie imposées à leurs familles et à leurs descendants. Peut-être les paroles se perdront-elles dans les tourmentes de l'histoire ou pire, dans une époque d'épouvantable aréflexie (je veux dire de perte de toute réflexion personnelle, donc de toute liberté). Mais ne désespérons pas des trésors enfouis et de leurs futurs inventeurs.
Particulièrement terrible est le chapitre où Ernest Mutwarasibo relie la sécheresse des nombres aux qualités perdues pour tous :
« – 36.000 arrière-grands-pères et grand-mères envolés avec tout leur savoir inégalé.
– 214.589 pères éteints avec leur patience et endurance à nulles autres pareilles.
– 178.147 mères de famille, exterminées avec tout ce qui représentait la bienveillance au Rwanda [...] »

Autre interrogation terrible, parmi d'autres : 
« Qu'est-ce qui cause un génocide, Papa ? »
Là aussi, Ernest Murwarasibo lance une réponse aussi terrible que la question : 
« Le génocide a certes des racines. Cependant, il n’a pas de causes. […] Les causes du fait restent le fait lui-même et le résultat escompté, qui, selon le principe aristotélicien d’identité, ne sont que le fait lui-même : le génocide. »
L'approche cartésienne en est fondamentalement bousculée. Notre regard sur le monde également, sur nous-mêmes en tant qu'humains, et, obligatoirement, sur certains autres humains.
Optimisme ? Pessimisme ?
Il y a longtemps que la boîte de Pandore a été ouverte, que les maux s'en sont échappés sur le monde, et que peut-être, la petite fleur espérance ne s'est pas desséchée. Chacun choisira. Ernest Mutwarasibo propose le chemin de l'avenir. Il suffit de peu de choses pour que le temps gronde ou qu'il s'apaise.
Pourtant j'ai écrit au début de mon intervention : 
« […] un pays spécifique en proie à un génocide en 1994, ce qui ouvre le champ à récits et réflexions, au pluriel, ce qui change tout. »
Il est temps de préciser : 
« Sur cette base, voici le génocide modélisé, prêt à être compris par tous en tous lieux, ou pire, voici le modèle, prêt à être repris par tous et en tous lieux. »

 

 

 

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